Kirk Hammett, George Lynch, et l'émergence de la marque ESP sur la scène metal

George Lynch, Kirk Hammett (photo de Jeff Yeager). Avec l'aimable autorisation d'ESP.

En 1987, à New York, Kirk Hammett et son ami Scott Ian se rendent au siège d’ESP Guitars. Un an s’est écoulé depuis la sortie de l’album Master Of Puppets, et Metallica enchaîne les concerts, parfois seul, parfois en compagnie du groupe de Scott, Anthrax.

Après la mort tragique de Cliff Burton dans un accident de bus de tournée en Suède, Jason Newsted avait pris la place de Cliff en tant que bassiste de Metallica, jouant ses premiers concerts avec le groupe en novembre 1986.

« Nous avons fait quelques concerts afin que Jason prenne vraiment sa place au sein du groupe », me dit Kirk. « Pendant la tournée, j'ai remarqué que Scott possédait une guitare vraiment cool, avec un graphique de dessin animé peint sur le devant et qui provenait d'une marque japonaise appelée ESP. Ils avaient un bureau à New York. Et Scott m'a tout de suite dit : « Si tu y vas, ils te donneront aussi une guitare ! »

À ce moment-là, dit Kirk avec un sourire, on ne s’imaginait pas pouvoir être endorsé. « Notre groupe était encore considéré comme un bâtard de l'industrie musicale, du monde des médias et de la culture en général. Alors j'ai dit à Scott : « Mais ouais, mec, carrément ! On m’a encore jamais donné de guitare gratuitement. »

Voilà donc Kirk et Scott tout excités, fraîchement arrivés au sein du quartier général américain de l'ESP.

George Lynch et les débuts d’ESP

George Lynch. (Photo : ESP.)

ESP (Electric Sound Products) a été créé par Hisatake Shibuya en 1975. Il s’agissait au début d’’une petite boutique artisanale située à l'arrière d'un magasin de musique de Tokyo. Puis Shibuya a progressivement étendu son activité à la fabrication, à la vente au détail et à l'enseignement de la musique. Au début, les guitares Navigator d'ESP étaient des copies des guitares classiques américaines, et l’on pouvait trouver aussi au sein du magasin une large gamme de pièces : corps, manches, matériel, etc.

Lorsque Hisatake a envoyé l'un de ses employés ouvrir le premier bureau d'ESP à New York, au début des années 80, il a rapidement compris qu'il serait judicieux de proposer une version plus originale des modèles traditionnels, notamment lorsque des personnalités comme Kirk, Scott et d'autres ont commencé à donner leur avis sur leurs propres goûts en matière de guitares modernes « high-performance ».

Matt Masciandaro était à l'époque tour manager et guitar tech, et travaillait avec Aerosmith, Motörhead, etc. En 1985, il a été engagé par Dokken comme technicien pour George Lynch. Matt se souvient que George avait dégoté un manche ESP dans un magasin et avait demandé à Kramer s'ils pouvaient le reproduire.

Le fabricant de Kramer a dit : « Vous allez partir en tournée au Japon bientôt, non ? Allez chez ESP pour qu’il vous donne un manche ! » George et moi sommes donc allés dans un des magasins ESP au Japon, et ils nous ont dit : « Vous êtes George Lynch ! On peut même vous fabriquer une guitare ! »

George se souvient qu'un certain nombre d’employés d’ESP étaient présents lors de leur rencontre à Tokyo vers la fin de l’année 1985. George avait déjà eu un contrat de courte durée avec Aria, et Kramer était aussi intéressé. Mais il y avait là une réelle opportunité. « Les techniciens d’'ESP étaient là, en blouse, avec des stylos dans leurs poches, des micromètres, et prenaient des notes, » me dit George. « On est resté tout l'après-midi à jouer des riffs et à travailler sur ce qui est devenu ma guitare ESP Kamikaze. »

Il leur a dit exactement ce qu'il voulait. « À l'époque, plus c'était gros, plus c'était lourd, et mieux c’était. Alors je leur ai dit que je voulais un micro high-gain, un gros morceau de bois, très épais, avec le moins de travail possible dessus. Et je voulais des dessins : un pilote kamikaze, quelques bombes, quelques personnages kanji. C’était ma première visite au Japon et j’ai tout de suite pensé à un pilote kamikaze. Quand j’y repense, ce n’était pas très politiquement correct. Nous avons utilisé ma guitare Tiger comme point de départ, une guitare en pièces détachées que j'avais montée moi-même ».

George avait déjà fabriqué plusieurs parties de guitares en utilisant des manches, des corps et des pièces détachées de Charvel, Mighty Mite, Sandoval et d'autres. Non seulement pour lui-même, mais aussi pour ses élèves. « Tout était basé sur la Strat et la superstrat, en général un seul humbucker, mais parfois plus et des dessins que mon ami Irv Veech et moi avions imaginés et peints dans son garage ».

La Kamikaze originale. (Photo : ESP)

Les premières guitares kamikaze ESP pesaient presque le même poids que la Tiger, étaient fabriquées à partir du même bois, possédaient un profil du manche, ainsi qu'une tête en forme de crosse de hockey inversée, un système de vibrato Floyd Rose monté sur la table, un humbucker Seymour Duncan Distortion custom en position chevalet, et un single-coil ESP en position manche. Ces premiers modèles étaient vraiment très lourds, rapporte George.

« Aujourd’hui, on a tendance à privilégier les guitares légères, ce qui est une bonne chose, mais jouer sur une guitare plus robuste de temps en temps procure des sensations vraiment cool. Les premières Kami offraient cela ».

La guitare Kami custom est arrivée du Japon au bureau d’ESP à New York quelques mois plus tard, en 1986. George était ravi du résultat, et sa Kami est devenue le modèle de référence des premières guitares signées ESP pour un musicien américain. « J'avais essayé de trouver quelque chose qui correspondait davantage à mes besoins », explique George. « Par exemple, j'adore avoir ce son typique du single-coil en position manche, et si je le souhaite, je peux aussi obtenir un son de Strat cristallin. Je sais qu'il viendra du micro en position manche, donc qu’il sera quand même moins brillant, mais qu’il me permettra de  faire ce que je veux ».

Les contrôles étaient simples. « J'avais un volume push-pull - maintenant j'utilise le push-push, mais à l'époque c’était le push-pull - et pas de tonalité, pour un signal aussi direct que possible. Si je vois qu’il y a plus d'un potard, ça me perturbe et j'arrête de jouer », dit-il en riant. « Le manche était large et plat, ce qui n'était pas aussi courant qu'aujourd'hui. Et  j'avais ces fameux graphismes personnalisés. Au final, rien de tout cela n'était nouveau, mais c’est le fait de tout réunir sur un même instrument qui rendait cette guitare innovante.

Le bureau d’ESP à New York comme ligne de mire

Après avoir travaillé avec ESP sur le projet Kamikaze avec George, le vice-président de la société fait une offre d’emploi à Matt Masciandaro. En 1987, il accepte l'offre et commence à travailler au bureau new-yorkais d'ESP, situé sur la 151 West 19th Street. L’occasion pour lui de se retrouver immergé au cœur de l’activité de la ville.

« La scène new-yorkaise de l'enregistrement était probablement à son apogée », se souvient Matt. « Vous aviez la Hit Factory, la Record Plant, la Power Station, RCA, CBS. Beaucoup de grands disques de cette époque ont été enregistrés dans la ville, et beaucoup d'artistes s'y trouvaient. C'était le terrain de jeu parfait pour tester les produits ESP. Nous avions développé des relations avec les artistes new-yorkais, ils nous donnaient leur avis sur ce que nous faisions et nous demandaient de fabriquer du matériel spécialement pour eux ».

Vernon Reid, de Living Colour, en est un exemple.

Vernon Reid joue sur son ESP dans le clip « Cult of Personality » de Living Colour.

« Nous avons travaillé avec Vernon quand le groupe était sur le point d'être signé et de partir en tournée avec les Stones », poursuit Matt. « Vernon s’est rendu jusqu'à la 19e rue, est entré dans les bureaux d’ESP, et nous a parlé du type de guitare qu'il voulait. C’était aussi simple que cela. Ron Wood était aussi un des premiers à travailler avec nous. Il voulait une Tele avec un string-bender, ce que nous avons fait, et il joue encore dessus aujourd’hui. Vous voyez, il n'y avait quasiment pas d'autres fabricants en ville, à part un ou deux magasins de musique qui possédaient un atelier de fabrication ou de réparation. Nous étions la seule compagnie nationale de guitare à avoir des bureaux en ville ».

Quand Matt a commencé à travailler chez ESP en 1087, la marque était en pleine évolution.

« Nous sommes passés de reproductions originales de guitares vintage à la création de notre propre identité, en fabriquant des guitares à manche coloré sur-mesure équipées de trémolos verrouillables », dit-il. « Nous commencions tout juste à devenir la marque de guitares de référence pour les musiciens qui voulaient sortir des modèles traditionnels. Je pense que c'était l'avantage que nous avions, parce que les gens qui venaient chez nous obtenaient quelque chose qui - et c'est peut-être un cliché maintenant - ne ressemblait pas à la guitare de leur père ».

ESP commençait à faire le buzz. « Les guitaristes avaient compris que s'ils avaient une vision, un concept ou un rêve de guitare qui n'était pas une Les Paul ou une Strat... que s'ils voulaient un graphique dessus, des incrustations personnalisées, ESP était l'endroit où aller », se souvient Matt. « Le bouche à oreille a fait son job, que ce soit Scott Ian d’Anthrax qui l'a dit à son ami Kirk Hammett de Metallica, ou qui que ce soit d'autre. Le slogan était : ESP vous fera ce que vous voulez. »

Les premières ESP custom de Kirk Hammett

Kirk Hammett et son ESP « Caution ». (Photo de Jeff Yeager, avec l'aimable autorisation d’ ESP).

C’est vers le mois d’avril 1987 que Kirk et Scott se sont présentés à leur rendez-vous chez ESP à New York. À l'époque, six salariés travaillaient au sein du bureau américain, et Kirk se tenait parmi eux, excité par la possibilité d'avoir une guitare de qualité (et gratuite). Lorsque Scott a montré son ESP à Kirk, ce dernier n'avait aucun doute sur le fait qu'il s'agissait d'une bonne guitare.

« Le corps et le manche avaient fière allure, l'électronique semblait être de bonne qualité, et elle avait l’air d’être assez solide », se souvient Kirk. « Donc, à la réunion, je leur ai demandé s’ils pouvaient me faire une guitare de type Strat neck-through-body avec des micros EMG. Je mettais des micros EMG dans toutes mes guitares à ce moment-là ». (Ses principales guitares étaient une Gibson Flying V des années 70, une Jackson Randy Rhoads et une copie de la Fernandes Strat).

« J'ai dit, bon alors, il y a deux ou trois autres choses bien spécifiques que je souhaiterais modifier », poursuit-il. « J'ai toujours aimé l'aspect des têtes de Strat quand elles sont inversées, le truc de Jimi Hendrix en somme. Alors je leur ai dit, s'il vous plaît, je voudrais une guitare avec une tête inversée. Je voulais aussi que le talon du manche soit un peu biseauté. Et si c’est possible, j'aimerais vraiment qu'on puisse mettre une image en forme de tête-de-mort sur le manche comme repère de frettes. Je voulais aussi 24 frettes, double octave. Un Floyd aussi, et je voulais deux volumes et une tonalité principale, comme une Strat. Pour le style de musique que je jouais à l'époque, un potard de tonalité suffisait, mais j'avais vraiment besoin de deux potards de volume ».

Kirk a pris une grande respiration, a lancé un regard aux employés d’ESP et a terminé sa liste de souhaits.

« Enfin, il y avait quelque chose que je voulais vraiment, mais je ne savais pas s'ils étaient capables de le faire. J'ai dit que je voulais voir tous leurs manches, les manches qui n’étaient pas montés sur des corps de guitare, et en choisir un qui me convenait. J'ai donc passé une bonne demi-heure environ à passer en revue tous les manches qu'ils avaient en stock, à les tâter de la main gauche, au milieu de leur stock, le manche et les frettes. J'en ai trouvé un qui me plaisait, et je leur ai demandé s'il était possible d’en faire un manche traversant. Pour moi, les guitares à manche traversant me semblaient sonner un peu plus pleines, un peu plus lourdes que les manches vissés ou collés ».

La « Zorlac » originale de Kirk Hammett. (Photo de Tom Watters, avec l’accord d’ESP.)

Kirk a regardé Scott, se demandant s'il n'en avait pas trop demandé, puis s'est retourné pour attendre la réponse. Et ils ont juste dit : « Ouais, on peut faire tout ça. » Je n'arrivais pas à y croire ! Ils étaient si accommodants, et je ne pouvais pas croire qu'ils allaient vraiment faire tout ça pour moi. Et c'est à peu près ce que j'ai fini par obtenir. »

Quelques mois plus tard, Kirk a fait livrer sa première ESP, du custom shop de Tokyo au bureau de New York, exactement comme il l'avait demandé. Il jouait certainement dessus au moment où Metallica s'est rendu en Grande-Bretagne en août 1987 pour se produire au 100 Club, puis aux festivals Monsters Of Rock à Donington et en Allemagne.

Kirk se souvient avoir utilisé sa nouvelle ESP dans le studio pour les sessions de ...And Justice For All au début de l'année 1988. C'est la guitare qui est devenue plus tard connue sous le nom de Zorlac, grâce à un autocollant de pirate (conçu par Brian "Pushead" Schroeder pour les skateboards Zorlac) que Kirk avait ajouté. C'est aussi la guitare qui a été à la base du premier modèle signature ESP de Kirk, la KH-2.

« Je me souviens de l'avoir emmené en studio et d'avoir enregistré un tas de morceaux avec, en plus de ma Gibson Flying V que j'ai toujours eue », dit Kirk. « Je suis tout de suite tombée amoureuse de mon ESP. Le manche était incroyable, de la première frette jusqu'à la dernière. J'ai adoré les frettes, larges et hautes. Et puis je me souviens avoir dit : « hey, je peux en avoir une autre pour la tournée ? L'idée était d'en prendre une en tournée et d'en laisser une à la maison, mais j'ai fini par les emmener toutes les deux en tournée parce qu'elles sonnaient hyper bien. »

Cette deuxième guitare a été renommée Caution, en référence à un autre autocollant que Kirk avait ajouté près des réglages et qui indiquait « Caution Hot », ainsi qu'un morceau de ruban adhésif placé au-dessus du micro du manche pour personnaliser la guitare.

« Ces deux guitares sont super, super mignonnes », dit-il en parlant de la Zorlac et de la Caution, qu'il appelle collectivement ses guitares Skully. « Elles sont vraiment solides. J’ai un jeu assez puissant, une technique de main droite assez lourde. Et je suis assez paresseux : je ne remets jamais une guitare dans un étui. Une fois qu'elle est sortie de son étui, elle reste dehors pendant des mois et des mois pour que je puisse la prendre facilement et en jouer. De toute façon, c'est sur la Zorlac que j'ai écrit un tas de riffs. Notamment « The Unforgiven », le riff principal de « Enter Sandman », ainsi que des parties de « Of Wolf And Man ». Donc, vous savez, cette guitare est très importante pour moi. »

Metallica - « Enter Sandman » (Live in Mexico City, 2009)

Matt Masciandaro dit que presque toutes les guitares que ESP a fabriquées depuis Kirk - et il y en a eu beaucoup - ont été basées en grande partie sur la Zorlac. Au moment où nous écrivons ces lignes, cette guitare vient de retourner chez Kirk après être passée par le siège américain actuel d'ESP à Los Angeles. (En 1989, l'ESP a déménagé dans ses locaux définitifs de New York, sur la 48e rue, et Matt a été chargé du pôle US. Aujourd'hui, il est président et PDG de la société. Ils ont déménagé de New York à Los Angeles en 1993).

« La guitare Zorlac de Kirk avait été exposée au Rock and Roll Hall of Fame à Cleveland », raconte Matt, « et Kirk a demandé que nous lui fassions une reproduction, car il ne prend plus celle-ci en tournée à cause de l'usure, des autocollants, de toutes les choses que 30 ans et plus passés sur la route peuvent vous apporter. »

Les ESP Cinematic Signature d’Hammett

Une fois que la marque a réalisé que Kirk lui serait toujours fidèle, elle a continué à lui fabriquer d'autres instruments. Il y a eu des Flying V avec des micros EMG et des incrustations de touche Deviled Ham, et une guitare avec un corps de type Les Paul Junior avec un graphique en toile d'araignée Pushead. « Ils m'ont aussi donné une Strat vierge qui n'était pas terminée », dit-il, « et j'ai demandé à mon ami d'y graver un tas de trucs, mais je crois que je l'ai échangée contre une affiche de film d'horreur ou quelque chose comme ça ».

Hammett avec sa « White Zombie » ESP. (Photo de Jeff Yeager, avec l’autorisation d’ESP.)

Parlons aussi d’une série de guitares aux graphismes colorés inspirés d’affiches de film. La tendance a commencé au début des années 90 avec une KH-2 décorée d'éléments provenant des affiches du film de Boris Karloff de 1932, « La momie ». Lorsque la guitare est arrivée, avec un gros Boris épais entre les micros, Kirk a été impressionné. « J'ai ouvert l'étui, je me suis dit : oh mon Dieu, c'est aussi bien que l'affiche du film, peut-être même mieux. Cette guitare est une putain d'œuvre d'art ! C'est là que j'ai commencé à mettre des graphiques sur les guitares. »

Il y avait des guitares dont le corps était orné de dessins Ouija-Board, identiques à ceux utilisés pour recevoir des messages de personnes défuntes. « Je me suis dit que ce serait génial d’avoir ça sur une guitare », dit Kirk. « J'en ai eu une qui avait carrément des lettres lumineuses dans le noir, incroyable. Est-ce qu'il reçoit des messages ? » Il rit et dit : « Eh bien, mes mains vont parfois répondre au Oui ou au Non quand je travaille sur une compo. »

Kirk raconte qu’ESP lui a fabriqué une guitare avec un thérémine embarqué, une avec un effet Randomizer intégré, une autre avec un micro Roland guitare-synthé. Il y avait aussi des Wavecaster, avec des corps en plastique transparent de style Tele, fabriqués par George Fedden qui contenaient de l'huile bleue et de l'eau qui s'écoulaient au fur et à mesure que l'instrument bougeait. « J'en ai joué une en tournée qui sonnait très bien, mais malheureusement elle a commencé à fuir par une des coutures quand on l’a stockée », dit Kirk. Elle était tellement rouillée qu'on ne pouvait plus l’utiliser. J'ai toujours de nouvelles idées, mais ces jours-ci, comme dirait Matt, je dois faire attention à ne pas submerger le custom shop d’ESP.

La longévité du succès d'ESP

Cette relation longue durée entre Kirk et ESP est inhabituelle dans le milieu de la guitare, même si George Lynch est associé à la marque depuis encore plus longtemps. Après sa guitare Kamikaze, George a demandé à ESP de fabriquer quelques instruments personnalisés aux graphismes saisissants, dont une guitare nommée Skulls & Snakes et quelques variations de sa guitare Tiger à rayures. Kirk et George ont tous deux plusieurs modèles phares qui font encore partie de la gamme ESP aujourd'hui.

Quand ESP a commencé à se faire connaître, on a assisté à un mouvement collectif de la part des guitaristes. « Il me semble qu’au final, beaucoup de gens étaient à la recherche de ce genre de guitare. Un manche plus rapide certes, mais aussi une qualité de fabrication supérieure. Je pense que certaines des guitares des années 80 ont manqué leur cible, parce que, même si elles avaient des micros très puissants, un système de trémolo bloquable, des manches facile à jouer, elles n'avaient pas vraiment la profondeur et la qualité tridimensionnelles que nous aimions dans les guitares des époques et des générations précédentes. Je pense que les Kamikaze et les autres modèles ESP haut de gamme avaient cela, leur propre qualité de son unique. »

Comme vous pouvez l'imaginer, George possède une importante collection d'instruments accumulés au fil des ans.

« C'est fou, toutes les différentes pièces s'assemblent et la guitare sonne parfaitement. » - Kirk Hammett

« J'ai des 12 cordes, des barytones et des guitares ténor, tout ce dont j'ai besoin et bien plus, dit-il. « Je suis profondément lié à ESP, c'est ma signature sonore, mes guitares de coeur. L'entreprise fait partie de ma famille, et ils m'ont même permis récemment de créer mon propre projet, Mr. Scary Guitars. ESP a toujours été là pour moi depuis 1985. C’est très rare ! Peu de mariages, de groupes de musique durent plus de 35 ans. C'est une relation très saine, productive, une relation symbiotique. »

Kirk, lui aussi, apprécie cette constance, malgré une longue carrière faite de hauts et de bas inévitables.

« J'aime le fait que les guitares ESP soient super constantes », dit-il. « Lorsque j’en reçois une nouvelle, j'ai besoin de jouer au moins deux ou trois concerts avec, de taper dessus, de cracher dessus, vous voyez ? Et puis quelque chose de magique se produit. Toutes les différentes pièces s'assemblent et la guitare sonne parfaitement. Il faut parfois attendre un an pour recevoir une nouvelle guitare, et quand elle arrive, je suis surexcité ! »


À propos de l'auteur : Tony Bacon écrit sur les instruments de musique, les musiciens et la musique. Ses livres comprennent Flying V/Explorer/Firebird, Electric Guitars : Design & Invention, et Sunburst. Tony vit à Bristol, en Angleterre. Plus d'informations sur tonybacon.co.uk.

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