5 termes liés au monde de la guitare souvent mal utilisés

Dans un précédent article, nous avons voulu démystifier cinq idées reçues sur la guitare afin d’apporter un peu de lumière dans le monde parfois obscur des gourous de la guitare. Aujourd’hui nous allons nous intéresser à ces termes qui une fois prononcés font battre plus vite le cœur des guitaristes passionnés. Vous avez déjà remarqué la façon dont certains collectionneurs et autres fanatiques du « matos » parlent de matériel vintage et des amplis câblés à la main avec des termes qui semblent parfois sortir tout droit d’un grimoire d’alchimie médiéval.

Il suffit de faire un tour pendant quelques minutes sur un forum, dans des groupes Facebook ou sur des annonces Reverb pour se retrouver cerné par des mots comme « Goldtop » ou « Plexi » mais la plupart des musiciens n’ont qu’une vague idée de leur signification exacte.

Après tout, est-ce que cette réédition de Marshall « plexi » est un vrai plexi ? Est-ce que toutes les Gibson Les Paul dorées sont des Goldtop ?

Nous avons donc décidé d’aider les guitaristes à comprendre ces termes, suivez le guide.


Goldtop

Après avoir accepté d’être associé à la première guitare électrique fabriquée par Gibson en 1952, Les Paul suggéra au fabricant de proposer une finition dorée sur ce nouveau modèle. Cette finition deviendra très vite iconique de la marque.

Gibson Les Paul Goldtop de 1957

Le terme Goldtop est une référence à la finition appliquée sur les premiers modèles de Les Paul fabriqués entre 1952 et 1958. Tous ces modèles possédaient une finition dorée sur la table, le reste de l’instrument laissant apparaître l’acajou utilisé pour fabriquer la guitare. Certains modèles très rares furent entièrement peints, du doré partout, sur l’arrière de la caisse, mais aussi sur l’arrière du manche et de la tête.

Avec une table bombée, un manche collé et une touche en palissandre, Gibson voulait proposer un instrument capable de rentrer en compétition avec les guitares proposées par Fender à l’époque. Le design des Les Paul fut ensuite modifié presque une fois par an à partir de la date de la mise sur le marché du premier modèle.

Les premières Goldtop sont équipées de micros P90 simple bobinage remplacés par la suite par des micros PAF. De la même façon les Les Paul de 1952 possèdent un cordier et un chevalet de forme trapézoïdale liés, ce ne sera plus le cas l’année suivante.

En 1958, la finition Goldtop sera remplacée par une finition sunburst, les Les Paul de cette époque sont surnommées les « Burst ». Elles sont considérées comme les meilleures Les Paul jamais fabriquées jusqu’à l’arrivée d’un nouveau modèle, la SG en 1960.

Gibson a parfois proposé des rééditions d’instruments proposés dans cette finition Goldtop dès 1968. Mais ces Goldtop des années 50 possèdent toujours un statut d'instruments mythiques et les prix peuvent facilement s'envoler jusqu’à plus de 80 000 €.


Un overdrive transparent

Un overdrive est considéré comme transparent lorsque que l’effet ne colore pas le son de la guitare ou de l’ampli.

Au-delà d’un récent regain de popularité, l’overdrive transparent n’est pas quelque chose de nouveau. C’est juste un nom utilisé pour un produit qui existe depuis longtemps, une sorte d’opération marketing.

« Tout ce que ça veut dire, c’est que votre son original n’est pas altéré. » - Colt Westbrook, Walrus Audio

Comme indiqué par Colt WestBrook, le directeur de Walrus Audio, « Ce terme a été utilisé un peu abusivement pour désigner des produits qui devaient régler tous vos problèmes de son. Tout ce que ça veut dire, c’est que votre son original n’est pas modifié. »

« C’est un très bon effet pour de nombreux musiciens, mais pas forcément pour tout le monde. »


Pré-CBS

Le terme pré-CBS est une référence à la période durant laquelle l’entreprise était dirigée par Leo Fender. Les instruments fabriqués jusqu'en 1965 par Fender sont considérés comme étant les meilleurs jamais produits par l’entreprise. C’est cette même année que Leo vendra l’entreprise à CBS contre un gros chèque.

Pour un ancien réparateur de radios sans aucune expérience en tant que guitariste, une proposition d’achat à 13 millions de dollars de son entreprise a dû lui sembler assez séduisant. Le rachat devait permettre à l’entreprise d’aller encore plus loin, plus rapidement.

Ce n’est pourtant pas ce qui s’est passé. Les coupes dans le budget, et les changements de designs opérés par CBS plongèrent Fender dans une période obscure de 20 ans, de 1965 à 1985 marquée par un travail moins soigné, des pièces détachées de moins bonne qualité et très peu d’innovation. Les collectionneurs préfèrent acheter des instruments fabriqués avant cette période fatidique dans l’histoire de Fender.

Alors que plus vieux ne veut pas toujours dire de meilleure qualité dans le monde du matériel vintage, les instruments fabriqués avant le rachat par CBS de Fender sont des pièces incroyables à jouer et sont souvent considérés comme les pièces maîtresses d’une collection.

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Câblage en point par point (Point-to-Point)

Dans sa définition la plus stricte, le câblage en point par point (PTP pour les intimes) est une méthode utilisée dans certains amplis, il désigne le fait que toutes les connections du circuit électrique sont réalisées à la main. Au lieu d’avoir les composants reliés par un fil ou par une piste de circuit imprimé aux autres, ce sont les « pattes » des composants (une prise, un condensateur, un potentiomètre) qui sont directement reliés au composant suivant.

Câblage en point par point dans une tête Matchless HC30.

Cette définition s’étend parfois aux amplis utilisant un montage des composants sur des plaques de montage à oeillets (eyelet) et à turrets.

Dans ce type de circuit, les composants sont montés sur une plaque, soudés aux terminaux ou au œillets puis, depuis ces terminaux, des câbles sont soudés jusqu’aux autres composants de l’ampli comme les transformateurs ou les supports des lampes.

Certains musiciens trouvent que ce type de montage joue sur le son, considérant que le nombre de connections est moins important et que le circuit est plus compact. Dans certains amplis câbles en point par point ce n’est pas vraiment le cas et l’ensemble ressemble plus un tas de câbles soudés au hasard.

Les montages en PTP s’opposent aux montages sur circuits imprimés. Les circuits imprimés sont considérés comme plus stables, plus facile à réparer et plus fiables au moment de la fabrication. Sur un circuit imprimé, c’est une piste de cuivre qui assure la liaison entre les différents composants. Aujourd’hui, les composants sont placés et soudés automatiquement sur la plupart des circuits imprimés.

« J’ai beaucoup de respect pour ceux qui travaillent en point par point, mais certains designs ne peuvent pas être réalisés sans l’utilisation d’un circuit imprimé. » Andy Fuchs, Fuchs Audio Technology

D’après Andy Fuchs, on peut très bien réaliser des amplis très fiables et possédant un super son que ce soit en utilisant un montage en PTP ou un montage sur circuit imprimé.

Il ajoute : « J’ai beaucoup de respect pour ceux qui travaillent en point par point, mais certains designs ne peuvent pas être réalisés sans l’utilisation d’un circuit imprimé. »

Il ajoute que les circuits imprimés étant designés à l’aide logiciels, la précision du circuit est bien supérieure à ce qu’on peut faire avec un montage en point à point. L'argument des amoureux du PTP est justement celui-ci : laisser de la place à l’inexactitude pour obtenir un son unique.


Plexi

Tête Marshall « Plexi »

En 1965, Marshall proposa une série de têtes d’amplis de 50 à 100 watts. Ces amplis sont désignés sous le nom de Plexi du fait que leur panneau de contrôle est fabriqué dans une plaque d’acrylique dorée.

Le matériau utilisé n’était pas fabriqué par la marque Plexiglass, mais par Perspex, ce qui fait que certaines personnes parlent de Perplexi. Ces amplis connurent un très grand succès et les Plexi furent utilisés par Jimi Hendrix, Ritchie Blackmore, Pete Townshend ou encore Jimmy Page.

Ajoutons que les amplis de la série Plexi ne sont pas les seuls modèles de Marshall à utiliser du Perspex, de nombreux modèles d’amplis de 45 et 20 watts de cette époque sont également fabriqué à partir de ce matériau. On retrouve même des panneaux de contrôle en Perspex sur des modèles de la fin des années 1990 qui ne sont pour le coup pas des Plexi.

Les amplis légendaire surnommées Plexi sont au final les têtes de 50 et 100 watts fabriquées entre 1965 et 1969 équipées de panneaux de contrôle en Perspex.

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