Apprenez à jouer : « Michelle » et « Taxman » des Beatles

Aimer Paul McCartney, c’est facile. À un moment ou à un autre, la plupart d’entre nous peut affirmer avoir eu le coup de foudre avec ce génie. Que ce soit en écoutant ses parties vocales tellement Rock’n’Roll sur « I Saw Her Standing There », ou en ayant été pétrifié d’émotion devant la performance et l’émotion de « Yesterday ».

Oui, le « Mignon » du groupe nous a offert beaucoup de magnifiques chansons, et c’est peu dire.

Mais ne vous y trompez pas, « mignon » ne fait référence qu’à son apparence physique. Ses techniques d’écriture offrent une fraîcheur que seul le mot « mignon » ne pourrait pas résumer

Alors, afin de célébrer l’anniversaire de Paul McCartney ce dimanche, nous voulions nous intéresser à la manière de jouer deux de ses contributions les plus novatrices au catalogue des Beatles.

Les accords du couplet de « Michelle » des Beatles, par Paul McCartney

Quand j’ai entendu « Michelle » pour la première fois, je me souviens avoir pensé que les accords étaient absolument intemporels. Tandis que beaucoup d’autres chansons des Beatles possédaient cet « esprit années 60, ou rock de la fin des années 50 », « Michelle » semblait exister en dehors des contraintes ces genres.

Ce n’est qu’à l’université que j’en ai enfin transcrit les accords et la mélodie, et ce faisant, j’ai eu l’impression de découvrir quelques secrets. Avec certains songwriters, on entend beaucoup des mêmes idées. Avec d’autres, on a des surprises inattendues. Avec une belle chanson comme « Michelle », on a les deux.

On trouve un classique de Paul, le Ier degré majeur enchaîné avec le IVe mineur. Mais même dans cet enchaînement, on trouve une surprise, car c’est un IVe degré 7. Pourquoi une surprise ? Que fait une 7e mineure dans un IVe degré mineur ?

Petit indice : cette 7e mineure est la tierce mineure de la tonalité (la 7e mineure de Sib est un Lab, qui est la tierce mineure de Fa). Tout de suite après avoir établi la tonalité de Fa majeur, McCartney nous emmène en territoire mineur (et même pas en relatif mineur, ici en mineur plus ou moins parallèle).

On a donc un classique de McCartney, et ensuite, encore d’autres surprises, comme les résolutions diminuées autour du Ve degré. Cette progression nous permet de physiquement nous balancer de l’un à l’autre, pour anticiper l’accord de résolution. Le mignon est aussi un malin.

Quel que soit le type de chanson qu’on décide de décortiquer, ça nous en dit plus sur la façon dont on intègre ces couleurs musicales. En plus de ça, on apprend plus sur la manière dont nos songwriters favoris choisissent de parler ce langage.

On peut parler avec des mélodies très accessibles et simples. Ou on peut parler avec des résolutions complexes et trompeuses. Mr McCartney nous a appris qu’il était sain de combiner les deux. Et parfois, c’est même préférable.

Il est important de noter qu’alors que McCartney joue souvent Michelle avec un capodastre à la cinquième frette, dans cette vidéo, je joue une adaptation à l’accordage standard avec des positions similaires, pour un jeu plus ample. À quelques exceptions près, les positions des doigts et les notes jouées sont identiques à celles de la version capodastre.

Le Solo de « Taxman » de Paul McCartney

Parfois, il y a une chanson qu’il faut absolument apprendre à jouer. Et parfois, pour y arriver, il faut oublier tout ce qu’on a passé du temps à assimiler. Utilisez vos oreilles, mais pas vos oreilles de « solfège ». Utilisez vos mains, mais pas leur mémoire musculaire. Et utilisez votre cœur, mais pas la partie réservée. Ne vous retenez pas.

À présent, vous avez l’offensive, vous menez la danse des tonalités contre l’avis même de votre propre guitare. Agression, c’est ça, la clé. Les voisins devront s’habituer du bruit, parce que votre pèlerinage vers la découverte des tenants et des aboutissants du solo de « Taxman » est, pour l’instant, le plus important.

Ça peut sembler extrême, mais c’est comme ça que j’ai appris à jouer ce solo. J’ai oublié les consonances, les dissonances, les accords et les tensions, et j’ai simplement attaqué le morceau. Cette approche était nécessaire pour réussir à jouer cette partie guitare si folle, et c’était fun.

J’espère que vous vous amuserez aussi. Et j’espère que vous adopterez cette approche pour créer vos propres solos, parce que cette leçon offre un autre enseignement. Quand on apprend une nouvelle idée musicale, on découvre un processus nouveau pour nous.

Alors prenez votre temps, restez concentrés, pensez à la structure harmonique et aux résolutions de « Michelle ». Maintenant, retournez vous, videz-vous la tête, et mettez vous au solo de « Taxman ». Puis prenez un pas de recul, et observez la différence entre ces deux approches.

Et plus important encore, foncez tête baissée dans les deux cas. Tout est possible.

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