Le style décalé des basses vintage Flying Samurai et Banana de Yamaha

Se plonger dans l'univers étrange et complexe des instruments et guitares vintage fabriquées au Japon peut être autant exaltant, que décourageant... Bien qu'il y ait avec certitude un marché pour toutes ces variétés de corps difformes et ces combinaisons électroniques spéciales pour lesquelles ces instruments sont renommés ou détestés, autant l'accès et l'information sur ces bizarreries vintage ne sont ni faciles ni abondants. C'est de toute évidence le cas pour une série de guitares basses très spéciales, fabriquées dans le courant des années 60, par la marque japonaise Yamaha Nippon Gakki, et référencées avec amour comme celle des Flying Samourais.

1967 Yamaha SB-2

Yamaha SB-2 de 1967

En 1966, Yamaha sort sa première basse électrique, la SB-2. Cette basse était une solid body de forme asymétrique avec deux micros simple bobinage et la configuration Jazz Bass. On pouvait la trouver le plus souvent en finition sunburst 3 tons, ou bien en rouge bonbon, avec un pickguard blanc. Plus conventionnelle qu'originale, cette basse par contre très homogène, n'a eu aucun mal à se glisser dans le marché mondial aux côtés des gros standards de l'industrie, qu'était la Fender Précision bass de 1957 et de la plus jeune Jazz bass de 1960.

Une nouvelle direction

Page from the 1968 Yamaha Catalog

Page d'un catalogue Yamaha de 1968

Les quelques modèles suivants produits par Yamaha ont changé radicalement de style. Au lieu de coller au style classique asymétrique inventé par Fender, Yamaha a imaginé pour la première fois un corps avec une forme de découpe inversée très originale et unique, ainsi qu'une tête de manche de type Samouraï. Ce fut la première de la série des Flying Samourais. Ces basses étonnamment ergonomiques ressemblent à une version plus mince et inversée de l'emblématique Rickenbacker 4001 sortie en 1961. Avec un diapason de 31 ½ pouces, ces instruments au manche étroit ,sont rapides, percutants et jouissent d'un équilibre quasi-parfait, sans bascule de la tête vers l'avant.

Le premier modèle Flying Samurai, le SB-2a, a été lancé fin 1967, début 1968, il était équipé d'un seul micro à simple bobinage, placé au niveau du manche et incliné. On sait que les micros manche ont généralement une sonorité plus ronde et profonde que les micros chevalet plutôt assez agressif, plus le micro se rapproche du chevalet de la basse, plus votre son est claquant. Comme ce modèle ne comportait qu'un seul micro fixé près du manche, son inclinaison vers le chevalet permettait d'obtenir la dynamique de l'aigu mixé à la profondeur du grave, ce qui aurait manqué en raison de l'absence d'un micro chevalet. Malgré qu'elle n'ait qu'un seul micro, cette basse pouvait offrir une surprenante variété de sonorités, ce qui en fait une des plus rares et convoitée de toute la série des Samouraïs.

La Flying Banana basse

1967 Yamaha SB-1C

Yamaha SB-1C de 1967

Le modèle SB-1c,sorti en 1968 comme son jumeau le SB-2a, est connu sous le nom de la Flying Banana. La Flying Banana comprend de nombreuses caractéristiques identiques à celles de sa sœur, comme le micro-manche simple bobinage incliné, ainsi que l'iconique tête de manche Samouraï. Malheureusement, alors que la forme du corps des Flying Samurai a été utilisée dans les années 60 pour 2 autres modèles, ainsi que pour les rééditions début des années 2000, le SB-1c reste la seule Yamaha du genre.

On reprend le rythme

Yamaha a ajouté un autre micro dans le mix, avec leurs deux modèles Flying Samurai suivants : les SB-5a et SB-7a qui sont pratiquement identiques. Tout en conservant le micro simple bobinage incliné au manche, Yamaha en a ajouté un autre du même type le long du chevalet. L'addition de ce micro chevalet apporta encore plus de dynamisme au son original, et lui permis d'être comparé à un J-Bass sous stéroïdes.

Yamaha SB-5A

Yamaha SB-5A

Ces basses sont toujours extrêmement rares et difficiles à se procurer sur le marché en ce moment, mais tout de même moins que les SB-2. Grace au micro manche incliné et à l'addition du micro chevalet, ces modèles peuvent obtenir une tonalité plus punchy, ce qui les rend particulièrement attractives pour les fans du jeu au médiator. Beaucoup de spéculations circulent sur la raison pour laquelle la plupart de ces basses des années 60 avaient un capot sur le chevalet. Parmi les théories les plus populaires, une indiquait que c'était par simple raison esthétique, afin de cacher les chevalets qui eux n'étaient pas très spectaculaires. Plus probablement, cependant (et ceci est particulièrement pertinent pour ce modèle et son prédécesseur), le capot de chevalet agit comme une cage de Faraday, et aide à réduire les interférences radio qui étaient fréquentes avec les premiers micros à simple bobinage. Et, comme le dit la légende, ils étaient de plus des cendriers très pratiques.

Une basse renaît

Les Flying Samourais ont été supprimés très peu de temps après leur lancement. Yamaha n'a plus utilisé cette forme de corps jusqu'à l'année 2000, quand ils ont déménagé la production du Japon à Taiwan, et ont réédité 2 modèles. La forme du corps de ces rééditions est une réplique exacte des Flying Samourais originaux, mais la configuration micros et les références de modèles varient des originaux et les uns avec les autres.

1990's Yamaha SBV-500

Yamaha SBV-500 des années 90

La première réédition de la SBV-500, était équipée d'un micro simple bobinage au centre et d'un micro simple bobinage au chevalet dans le style de la configuration J-bass. Ces micros étaient parallèles l'un à l'autre, à la différence des modèles SB-5a / 7a qui conservaient le micro manche incliné de la SB-2a. La SBV-550 avait bien un micro simple bobinage au chevalet, par contre le micro simple bobinage au centre était remplacé par un simple bobinage séparé en deux parties « split coil pickup ». Cela ajoute l'effet humbucker pour lequel la P-bass est célèbre, mais pousse la sonorité plus loin grâce au micro chevalet.

Les Flying Samourais sont des objets de collection assez courants au Japon, avec aussi de nombreux blogs consacrés aux basses japonaises et dédiés à leurs spécificités. Certains groupes de punk japonais utilisent les modèles de guitares Flying Samurai (les SGV-300), et notamment le bassiste Miki Furukawa (anciennement avec le groupe de rock japonais Supercar et actuellement bassiste de Lama ) qui utilise des rééditions SB-5a/7a et SBV 550 de couleur bleu canard ! Puisque toutes ces rééditions ont été supprimées depuis quelques années, il est assez compliqué de se les procurer, spécialement aux États-Unis, mais toujours plus aisé que de trouver un modèle SB original.

Basses vintage japonaises Acheter maintenant
comments powered by Disqus

Reverb Gives

Vos achats aident les programmes de musique destinés aux jeunes à obtenir le matériel dont ils ont besoin pour faire de la musique.

Oups, il semblerait que vous avez oublié quelque chose. Veuillez corriger les champs affichés en rouge.