La musique de Bernard Herrmann est indissociable du travail du maître du suspense Alfred Hitchcock. Tout comme John Williams et Steven Spielberg ou Danny Elfman et Tim Burton, la relation entre Hitchcock et Herrmann a lié le drame visuel et sonore d’une façon qui reste toujours aussi poignante et pertinente à ce jour, plusieurs décennies plus tard.
« Selon moi, la musique peut, à l’écran, représenter les pensées des personnages. Elle peut apporter à une scène de la terreur, de la grandeur, de la gaieté ou du mystère. Elle peut faire avancer l’intrigue ou la ralentir. » a dit Herrmann. « Elle élève souvent un simple dialogue au rang de poésie. En fait, elle est le pont qui relie l’écran et le public. »

Aujourd’hui, alors que Herrmann aurait eut 107 ans, nous rendons hommage à la vie et à l’œuvre de ce compositeur légendaire, dont le travail – pour Orson Welles, François Truffaut, Martin Scorsese, Alfred Hitchcock et bien d’autres – a influencé bien des compositeurs dans la création de musiques dramatiques.
Quand j’ai étudié la musique de Bernard Herrmann, c’était durant mes études de composition, alors que j’étais en stage chez CBS à Los Angeles. J’avais toujours été intéressé par les musiques orchestrales dissonantes qu’on trouvait dans les films de science-fiction, par exemple, la musique de Herrmann m’a alors frappé durant le visionnage de Citizen Kane d’Orson Welles.
Après avoir lu A Heart at Fire's Center: The Life and Music of Bernard Herrmann de Steven C. Smith, j’ai été attiré par son œuvre et son talent remarquable.
Né à New York en 1911, après avoir rejoint le Young Composers Group d’Aaron Copland à la Julliard School, Bernard Herrmann a commencé sa carrière de chef d’orchestre à l’âge de 22 ans. À peine un an plus tard, il dirigeait le CBS Symphony Orchestra, et composait la musique de pièces radiophoniques. Durant cette période chez CBS, il rencontra Orson Welles qui lui proposa de composer la musique de Citizen Kane.
En 1951, Herrmann déménagea à Hollywood après que CBS se soit séparé de son orchestre, et commença à travailler à son compte pour différents réalisateurs, dont Alfred Hitchcock, pour qui il composera la musique de La Mort Aux Trousses, Sueurs Froides et Psychose.
Il rejoignit plus tard la Nouvelle Vague avec François Truffaut, puis Brian de Palma et Martin Scorsese, terminant la musique de Taxi Driver juste avant sa mort en 1975.
Sa composition légendaire pour Psychose de Hitchcock est également sa plus célèbre, et contient ce que certains appellent « l’accord Hitchcock » - un accord de 7e contenant des intervalles majeures et mineures en même temps. Cette composition témoigne de la parfaite alchimie entre Herrmann et Hitchcock, qui à l’époque de la sortie de Psychose en 1960 était déjà une machine bien huilée depuis des années.
Pour cette reproduction, j’ai sélectionné des extraits du film : « Main Titles », « The City », « Temptation », et « The Madhouse ». Pour l’ensemble de ces extraits, j’ai utilisé une bibliothèque Kontakt remarquablement précise des Allemands Best Service appelé The Orchestra.

Pour reproduire l’espace naturel des salles d’enregistrement d’orchestre, j’ai spécialement créé un preset pour ce projet avec le plugin de reverb Tverb de Eventide – inspiré par les techniques d’enregistrement du producteur de David Bowie, Tony Visconti – qui recréé la réverbération des Studios Hansa à Berlin.

Écoutez la démo Reverb Exclusive ci-dessous pour entendre ma version de ces musiques légendaires recréées grâce à ces instruments virtuels et ces effets exceptionnels.

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