Une histoire du tourne-disque. Partie 1 : les premières années

Les méthodes de lecture des enregistrements sonores ont une longue histoire depuis le phonautographe jusqu’aux platines que l’on connaît maintenant. Une vague de nostalgie s’est emparée des mélomanes et le retour aux disques vinyles est en pleine expansion. Jetons un œil à l’histoire de l’enregistrement qui a évolué pour donner des appareils comme cette vieille Technics SL-D2 qui prend peut-être la poussière dans votre grenier.

Dans ce premier article de notre série, nous passerons en revue les évolutions des méthodes de lecture des enregistrements des débuts à la toute fin des années 50 qui fut le début de l’âge d’or de tous ces appareils de lecture. Mais débutons par un petit point de vocabulaire :

Platine

On mélange souvent le nom « platine » et « tourne-disque », ce sont pourtant deux appareils différents, une platine est un appareil permettant de lire des disques, un stylus, au contact des sillons du disque, produit un signal électrique reproduisant le son. Il faut ensuite utiliser un préamplificateur phono, un amplificateur et des enceintes pour pouvoir ensuite entendre ce signal.

Tourne-disque

Un tourne-disque, ou un électrophone est lui complètement autonome en terme de fonctionnement et permet de lire et d’entendre un disque directement. En effet, tout le système d’écoute est déjà intégré, qu’il soit mécanique comme avec le gramophone qui amplifie le son grâce à un pavillon ou qu’il soit électronique, restituant le son au travers d’un haut-parleur intégré.

Les débuts

Phonotaugraphe

Plongeons maintenant dans l’histoire, en 1857, le français Édouard-Léon Scott de Martinville fabrique un instrument scientifique qui nomme phonautographe. Cet appareil est désormais considéré comme le premier à avoir été capable d’enregistrer du son. Le seul problème du phonautographe résidait dans le fait qu’il était impossible de lire l’enregistrement, il était uniquement possible de l’étudier visuellement.

Thomas Edison

De par sa fonction, le phonautographe resta un instrument destiné au monde scientifique, il était utilisé dans des laboratoires. Personne n’eut l’idée de l’utiliser pour enregistrer et lire du son. Mais un certain Edison eut l’idée de créer le phonographe.

Dévoilé au grand public en 1877, le phonographe pouvait enregistrer du son mais également permettre de réécouter l’enregistrement. Le principe de fonctionnement était basé sur un cylindre d’étain sur lequel venait s'inscrire le son par gravure offrant la possibilité d’écouter par la suite l’enregistrement. Ce n’était le meilleur système au monde mais c’était déjà un excellent début. Par la suite, Alexander Graham Bell améliora l’invention d’Edison en utilisant un cylindre de cire plutôt que d’étain pour enregistrer les ondes sonores, il donna le nom de graphophone à son nouvel appareil.

Emile Berliner

La vraie révolution arriva grâce à l’inventeur germano-américain Emile Berliner qui créa le gramophone et qui le breveta en 1887. Le principe de fonctionnement utilisé pour cet appareil inspirera les disques tels que nous les connaissons : on utilisa un disque plat plutôt qu’un cylindre pour graver le son. Ce qui permettait de fabriquer et commercialiser cette invention bien plus facilement. La demande explosa. Berliner, de par son invention, est considéré comme le père du disque et de la platine sous leurs formes actuelles. Les premiers disques de 5 pouces étaient fabriqués en gutta-percha, on utilisa ensuite la gomme-laque (ou Schellac) et enfin le vinyle. Le format 12 pouces est lui né en 1903.

L’expansion commerciale des disques et des platines

Le premier appareil commercial permettant la lecture d’un enregistrement fut commercialisé en 1895. Le gramophone domina alors rapidement le marché en partie grâce à la société Victor Talking Machine Company et leurs Victrolas. Alors que le marché était en pleine expansion, l’arrivée de la radio après la Première guerre mondial sonna le déclin des ventes de lecteurs de disques. Mais l’émergence de la radio permit une petite révolution dans le domaine des disques, l'électronique naissance permit l’utilisation d’amplificateurs pour graver les disques.

Victrola

Après cet épisode, le marché des disques et des lecteurs explosa durant les années 30 et 40. À la fin des années 40, Columbia Records introduisit un standard qui fera date, le disque de 12 pouces lu à la vitesse de 33 tours par minutes qui remplacera rapidement le disque 78 tours (par minutes). Le format 45 tours fit son apparition peu de temps après.

Tous ces changements permirent au principe de haute-fidélité de se développer. La possibilité de reproduire des enregistrements stéréos à la fin des années 50 permis au marché de se développer encore plus, et de plus en plus de disques et de platines furent vendus, l’âge d’or commença à partir de ce moment-là.

De nombreuses histoires sont impliquées dans l’invention et le développement de la platine vinyle, laissant chacune leur propre marque. Les sciences, les laboratoires, les inventeurs rivaux, ou encore la technologie de la radio, jouent tous un rôle dans cette histoire. Dans notre prochain épisode, nous parlerons du développement des platines de plus en plus sophistiqués, permettant d’atteindre le summum de la haute-fidélité, des DJ et de l’invention du CD qui causa la mort du disque vinyle.

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