7 amplis qui mériteraient une réédition | Volume 2

La plupart des amplis guitare que nous achetons, utilisons et chérissons proviennent en réalité d’anciens modèles des années 50, 60 et 70 retravaillés ou réédités. Et si vous pensez que les grandes marques et fabricants d’amplis Boutique ont déjà déterré toutes les merveilles de l’époque glorieuse des amplis à lampes, vous vous trompez.

En octobre dernier, nous avions lancé un appel à la réédition de modèles sous-estimés de Gibson, Vox, Fender, Selmer, WEM, Mesa/Boogie et Traynor. Il est temps de réitérer l’opération avec sept autres amplis vintage qui mériteraient une réédition. Certains proviennent de ces mêmes fabricants, d'autres du fin fond de la playlist vintage.

Fender Vibrolux Combo 1957

Même si d'autres modèles se rapprochent de ce format (des rééditions de tweed Deluxe et des combos de type Champ par exemple), le Vibrolux tweed de la fin des années 50 possédait un son des plus doux, en faisant l’un des amplis les plus enregistré de cette époque. Malheureusement, il n’a jamais eu droit à sa réédition.


Fender Vibrolux Combo 1957

Plus grand que le Champ et le Princeton de l'époque, mais plus petit que le Deluxe, le modèle 5F11 Vibrolux en tweed est parfait pour le studio. Il est idéal pour obtenir des sons de tweed dans un set-up taillé pour les clubs, mais il est aussi capable de produire des sons nets et subtils lorsqu'il est réglé à volume modéré.

Avec sa paire de 6V6, l’ampli offrait une puissance de 10 Watts. L’étage de préampli était équipé de deux tubes de préamp 12AX7 (au lieu d'utiliser une 12AY7 à gain plus faible en première position comme la plupart des Fender en tweed), et l'effet tremolo apportait une richesse particulièrement unique de par son fonctionnement utilisant la tension de polarisation de l’étage final ou plus connu sous le nom de « bias-modulated » comme beaucoup d'autres amplis de l'époque.

De plus, ce petit combo au look irrésistible a l’avantage d'être léger comme une plume. Le baffle un montage à queue droite de haute qualité en pin massif. Le baffle de haut-parleur en montage « flottant » apportant également beaucoup de résonance et de caractère à l'ensemble du son de l'ampli.

Beaucoup de guitaristes auront déjà fait le lien avec le modèle Harvard (équipé de deux 6V6), assez similaire au Vibrolux, mais sans trémolo. On peut aussi nommer, mais dans une moindre mesure, lePrinceton brownface 1x10" du début des années 60.

Elpico AC-55 1958

Si vous n'êtes pas un grand connaisseur du matériel vintage ou un fana des Beatles, il y a de fortes chances que vous n'ayez jamais entendu parler de ce petit combo britannique de la fin des années 50 et du début des années 60. Quoi qu'il en soit, l'AC-55 a puissamment contribué au lancement non pas d'une, mais de deux légendes majeures du rock'n'roll, et mérite bien une réédition aujourd'hui, si ce n'est un peu modifiée.


Elpico AC-55 1958

Fabriqués par Lee Products Ltd. en plus d'une gamme de radios et de gramophones, les amplis guitare Elpico étaient vendus en grande partie dans les magasins d'électroménager britanniques. Ils étaient un peu l'équivalent britannique des « catalog guitar amps » qu’on trouvait dans les années 50 et 60 aux Etats-Unis.

Le premier ampli acheté par Paul McCartney était un Elpico AC-55, que lui et d'autres membres du groupe ont utilisé sur plusieurs des premiers enregistrements et concerts de The Quarrymen. Quelques années plus tard, Dave Davies des Kinks s'empare d’un AC-55 après l’avoir vu en vitrine d'un magasin d'électronique en bas de la rue du studio londonien où il enregistrait avec le reste du groupe « You Really Got Me », et où il avait découpé l'enceinte avec une lame de rasoir pour obtenir ce qui est considéré comme l'un des sons de guitare les plus emblématiques du début de l’ère du rock.

Ce joli petit combo de couleur verte et de forme trapézoïdale est équipée de deux tubes de sortie EL84, mais offre une puissance inférieure aux 15-20 watts qu’il est possible d’obtenir avec un Vox AC15 équipé de façon similaire, grâce aux faibles tensions d’alimentation utilisées sur ces tubes, et au petit transformateur de sortie. Et c'est probablement une bonne chose : le petit haut-parleur Celestion de forme elliptique ne supporterait probablement pas beaucoup plus que les 10 Watts que l'AC-55 peut fournir. L'ampli était aussi équipé d’entrées « Mic » et « Gram » (gramophone), et de commandes indépendantes pour les aigus et les basses. On pourrait peut-être espérer une réédition avec un plus grand OT et une enceinte un peu plus robuste, plus traditionnelle.

Gibson GA-79RVT 1962

Gibson a fabriqué un certain nombre d'amplis guitare merveilleux qui n'ont jamais tout à fait atteint le statut de leurs guitares datant de la même époque (ou des amplis de leur concurrent Fender). Le GA-79RVT, fabriqué de 1961 à 1967, est un des plus intéressants. Il fut un temps, à la fin des années 50 et au début des années 60, où une grande partie de l'industrie de la guitare (comme l'industrie audio en général), supposait que la stéréo était la meilleure voie à suivre pour tout ce qui concernait la production sonore ; le GA-79RVT en fut le résultat.


Gibson GA-79RVT 1962

Conçu pour s'associer aux guitares Gibson dites stéréo de l'époque, telle que la ES-355, le GA-79RVT était doté de deux étages de sortie indépendants, équipés par une paire de tubes EL84 (alias 6BQ5) générant 15 watts chacun au travers de son haut-parleur Jensen C10Q. Vous pouviez aussi appuyer sur l'interrupteur pour relier les canaux et transformer l’ampli en un combo survitaminé de 30 watts équipé d’une paire de haut-parleurs de 10”. L’étage de préampli est constitué de tube que l’on ne croise pas tous les jours : des 6EU7 (similaires aux 12AX7 en terme de performances, mais avec un brochage différent - ne tentez pas de les intervertir), chaque canal offrait ses propres commandes indépendantes pour les aigus et les graves.

Bien sûr, tout le monde est capable de dire qu’à première vue, le GA-79RVT est beaucoup plus que ces spécifications ne le laissent entendre : regardez donc ce châssis en angle droit. Le but ici était d'obtenir un son de scène stéréo assez large, bien que l'angle de dispersion, proche des 90 degrés, laisse un petit vide au milieu quand vous vous tenez juste devant l'ampli mais remplit certainement la pièce beaucoup plus loin en arrière.

La mention « RVT » indique la présence d’une reverb et d’un trémolo sur le canal 1, tous deux alimentés par des tubes, et capables de créer des atmosphères luxuriantes lorsqu'ils sont utilisés ensemble.

Marshall Master Model 2204 de 1978

Même si Marshall a déjà réédité plusieurs amplis proches de ce modèle, quelque chose me dit qu'une réédition correcte du Master Model 2204 de la fin des années 70 pourrait être le chaînon manquant et sans aucun doute l'une des rééditions les plus désirables du style post-Plexi. Moins reconnus que ses prédécesseurs des années 60, le 2204 50 watts et son frère le 2203 100 watts, représentent néanmoins le son du rock de la fin des années 70 et du début des années 80. Dites « Marshall » et la plupart des gens penseront « Plexi » - mais si c’est vous qui entendez le mot « Marshall » il y a de fortes chances que votre esprit pense plutôt « 2204 ».


Marshall Master Model 2204 de 1978

De nombreux guitaristes considèrent les modèles 2204 et 2203 comme des modèles de la gamme JCM800, alors que ces amplis sont en fait apparus plusieurs années avant que cette série ne soit commercialisée. Dans la foulée de la popularisation des préamplis à gain par Mesa/Boogie et des contrôles de master-volume, d'autres grands fabricants d'amplis ont adopté ces tendances au cours des années 70, dont Marshall en 1975 avec le lancement de sa gamme Master Model.

Au départ, le 2204 50 watts n'avait qu’un master volume et aucun réglage au niveau du préampli, tandis que son grand frère, le 2203, était équipé d’un gain « en cascade » (dans lequel le signal passe d'un tube de préampli à un autre pour augmenter exponentiellement le gain). Mais au milieu de l'année 77, le 2204 obtint le même système de gain pour son préamp, c’est pourquoi les amplis fabriqués après cette modification ont tendance à être plus recherchés.

Il n’est pas possible de changer de canal sur ces têtes par l'intermédiaire d'un footswitch, mais vous pouvez vous brancher sur l'entrée Low Sensitivity pour n'avoir qu'un seul étage de gain initial et obtenir un son propre (mais un peu plus fin que le son Plexi vintage traditionnel), ou par l'entrée High pour passer par les étages du préampli gorgés de gain.

Pour le reste, ces têtes sont ce qu’on pourrait appeler des têtes Marshall classiques, avec le tone stack cathode-follower TMB et deux tubes de sortie EL34 dans les amplis fabriqués pour les marchés britannique et européen, ou deux 6550 pour le marché américain (les 6550 ont remplacé les EL34, car elles étaient plus faciles à obtenir en Amérique du Nord et limitaient les problèmes de garantie).

Silvertone 1482 de 1962

Une réédition de cet ampli pourrait à première vue sembler inutile compte tenu du prix abordable des modèles originaux, mais son design est tellement cool, pratique et attrayant, tant sur le plan sonore que stylistique, qu’il mériterait lui aussi un reboot.


Silvertone 1482 de 1962

Le Silvertone 1482 était l'un des nombreux amplificateurs et guitares Silvertone à avoir été fabriqués pour Sears Roebuck par la compagnie Danelectro. Trouvez l'un de ces originaux du début des années 60 en vente aujourd'hui et l’annonce se référera invariablement à lui comme « le Fender tweed Deluxe du pauvre ».

En plus du format de base à deux canaux, un format combo 1x12" utilisant deux tubes de préampli 12AX7, deux tubes de sortie 6V6GT et un redresseur à lampe, le Silvertone compte également un trémolo modulé par bias piloté par un tube 6AU6, tout en soustrayant une partie de la puissance de sortie pour fournir 10 ou 12 watts plus modeste (les catalogues de l’époque annonçaient « 15 W de puissance », mais cela est probablement un peu optimiste). Le résultat est un ampli qu’on peut facilement faire saturer sans pour autant devenir sourd tout en obtenant une compression naturelle au son apportée par le tube redresseur 6X4.

On obtient donc, en plus de tout cela, un petit combo à l'allure élégante et originale, avec ses commandes latérales, son châssis (bravo à Tone King pour avoir retranscrit une partie de cela dans son modèle Falcon) et son sac de transport ultra léger. En ce qui concerne le baffle du haut-parleur, remplacer le panneau en particules d'origine (mince et bon marché) par un contreplaqué approprié serait une bonne chose.

Watkins Westminster 1956–1957

Le premier article de cette série faisait pencher la balance en faveur du WEM Dominator MkIII des années 70, mais nous plongeons aujourd’hui encore plus profondément dans les abysses des amplis vintage pour puiser un ampli signé Charlie Watkins, période pré-VOX.


Watkins Westminster 1956–1957

Le Westminster mériterait une résurrection rien que pour le look savoureux des modèles de cette époque, dans un revêtement Rexine bicolore rouge et blanc en 1955-1956, et vert et blanc en 1957-1958. Mais ce sont aussi de petits monstres britanno-rock qui vous satisferont n'importe quel jour de la semaine.

Alimenté par une paire de tubes de sortie EL84 nourris par des tubes de préampli ECC83 (aka 12AX7), ces amplis offrent un overdrive saturé harmoniquement, brillant et éclatant qui peut caractériser d'autres petits bijoux britanniques comme le Vox AC15 et les Marshall 18 Watts. Autre bonus : un haut-parleur Goodman 10".

On pourrait ajouter à cela un haut-parleur 10 pouces un peu plus robuste ou alors carrément un 12 pouces, et solidifier son châssis fin en acier courbé pour le rendre totalement parfait.

Traynor Studio Mate YGM-4 1973

Traynor avait réédité son Guitar Mate YGM-3 il y a quelques années de cela, mais ne s’était pas attardé sur le YGM-4. À l'intérieur du châssis, l'ampli est très similaire au -3, à la différence des haut-parleurs 4 x 8" additionnels présents dans un cab combo fermé, produisant un son totalement différent.


Traynor Studio Mate YGM-4 1973

Pensez Fender Super Reverb feat mini-Marshall et vous aurez seulement un aperçu de ce que le Traynor peut produire.

Du point de vue du circuit, le Studio Mate a sa propre identité, mais certains éléments ne sont pas sans rappeler les deux principaux fabricants cités plus haut.

Le préampli, dérivé de l'ECC83/12AX7, s'inspire des modèles Blackface de Fender avec l'étage d' EQ et ses deux réglages de tonalité intercalées entre les deux étages de gain fournis par le premier préampli, mais le potentiomètre de volume est placé devant les réglages de tonalités pour une réponse légèrement différente, comme le sont également plusieurs des valeurs des composants.

Ce qui prouve que cet ampli n'est pas simplement une copie de Fender et qu'il possède bien sa propre identité.

Faites passer tout ça dans deux tubes de sortie EL84 par l'intermédiaire d'un déphaseur long-tailed-pair confère au son un doux mélange d'articulation croustillante et d'overdrive charnu, sans compter que la reverb et le trémolo à lampes embarqués sont tous deux assez réjouissants.

Les quatre haut-parleurs de 8 pouces apportent une réponse rapide et détaillée au son global de l'ampli, bien que sa possible réédition pourrait bénéficier de haut-parleurs légèrement améliorés pour augmenter ses performances à des volumes plus élevés et réduire sa tendance à péter dans les basses fréquences lorsque l'ampli atteint les 20 watts.

comments powered by Disqus

Reverb Gives

Vos achats aident les programmes de musique destinés aux jeunes à obtenir le matériel dont ils ont besoin pour faire de la musique.

Oups, il semblerait que vous avez oublié quelque chose. Veuillez corriger les champs affichés en rouge.